Une colonie, ce pourrait être une joyeuse bande de bambins en vacances. Ou bien encore des butineuses, récolteuses de pollen si chères aux apiculteurs, comme Cyril Marx. Ce pourrait être, mais ce n’est pas. Colonie est un long-métrage canadien de Geneviève Dulude-De Celles. Un film intime, intimiste, loin des grandes superproductions, mais qui a reçu le prix du jury jeunes à la Berlinale 2019, ainsi que les prix du meilleur film, meilleure actrice au Canadian Screen Awards 2019.

Mylia, jeune campagnarde introvertie de 12 ans, entre au collège dans la ville voisine. Son adaptation ne se fera pas sans difficultés dans ce milieu trop citadin, quelque peu hostile. Elle devra trouver ses repères, apprendre à se connaître tout en affrontant la bêtise et l’absurdité de ses camarades adolescents. Fort heureusement, elle pourra compter sur sa petite sœur Camille et son voisin de classe, le jeune indien Jimmy.

Une colonie, au rythme de la vie

Une colonie nécessite un peu d’effort et de bonne volonté pour se laisser apprivoiser, mais il le mérite. Peu à peu, on se laisse gagner par la langueur rythmique, telle la vie s’écoulant lentement dans un coin reculé du Canada.

On se laisse happer par cette approche esthétique documentariste qui propose ensuite une caméra plus discrète, invisible, mise au service de l’histoire.

On se laisse séduire par les protagonistes, par leur apparente simplicité qui révèle une profondeur d’âme, une justesse de sentiments. Trois jeunes qui, sans être marginalisés, ne rentrent pas dans les codes, dans les normes de la normalité, de la majorité… de la colonie. Et cette différence fait d’eux des êtres uniques, riches et beaux. On s’accroche à leurs parcours, on les suit et on ne veut plus les lâcher.

Une colonie (1 h 42)
De Geneviève Dulude-De Celles
avec Émilie Bierre, Irlande Côté et Jacob Whiteduck-Lavoie
En salles le 6 novembre 2019.