All over, de Samuel Bianchini (2009) – Dispositif sur internet et installation – ©C. Robin

Voici la suite de l’article dédié au MAIF social club, le nouveau centre culturel parisien (75003) proposant une programmation culturelle éclectique basée sur une démarche sociale collaborative.  Pour son exposition inaugurale, les responsables du site ont choisi Iconomania, une exposition consacrée au rôle et au traitement de l’image dans nos civilisations modernes.

Des artistes dans l’ère du numérique et des technologies modernes à lire dans le précédent article, MAIF social club, le nouvel espace culturel parisien

La problématique de l’image est abordée dans une scénographie axée sur trois thèmes : sa transformation (innovation et information), sa transmission (communication et médias) et sa représentation au niveau social, individuel et collectif. Selon leur sensibilité, les artistes ont opté pour l’un de ces sujets. ©

Le thème de la transformation

Méta-cités 4 (2015) de Miguel Chevalier – œuvre de réalité virtuelle générative (167×96 cm) © C. Robin

Le français Miguel Chevalier s’interroge depuis longtemps sur la notion de l’immortalité de l’art. Son travail expérimental consiste à mettre en relation la nature et les artifices des sociétés contemporaines.  Sur le thème de la transformation, il utilise l’ordinateur et les outils informatiques pour donner corps à une ville utopique sans localisation : « J’ai développé des bibliothèques numériques d’architectures filaires, utilisé des motifs issus de l’art islamique pour imaginer ce que pourrait être le cyber-espace. »

En jouant sur les couleurs vives, la transparence et l’esthétisme numérique, ce français natif du Mexique aborde le thème de l’urbanisme à travers le prisme du digital.

 

Fade (2013), vidéo sonore de Cyprien Quairiat © Cathy Robin

 

Cyprien Quairiat, quant à lui, préfère user de médiums modernes plus traditionnels : la photo et la technique de la vidéo. Par l’exploitation de fondus enchainés, il parvient ainsi à nous interpeler sur la notion du mouvement et de la temporalité.

 

Le thème de la transmission

Cécile Babiole – Copies non conformes (2013-2015) – © C. Robin

Imprégnée de la musique industrielle des années 80 aux cultures électroniques d’aujourd’hui, Cécile Babiole apporte sa vision de la transformation du message qui tend à se perdre au rythme de la multiplicité de sa diffusion.

 

Grégory Lasserre devant son installation, Akousmaflore (2007) © C. Robin

Dans une autre approche,  Grégory Lasserre et Anaïs met den Ancxt ont imaginé Akousmaflore, une installation interactive où les arts plastiques, sonores et numériques trouvent une légitimité au sein même de la nature. En fonction de l’intensité tactile effectuée sur les feuilles, Akousmaflore produit des variations sonores organiques différentes.

 

 

 

Le thème de la représentation

Laurent Mignonneau devant sa création, Portrait on the fly © C. Robin

Parmi les artistes présents, Laurent Mignonneau et Christa Sommerer ont utilisé la vidéo et le numérique pour créer une œuvre interactive impliquant directement le visiteur. Portrait on the fly se compose d’un panneau digital disposant d’une caméra sur sa partie supérieure. Celle-ci filme et retransmet en direct toutes personnes et mouvements s’effectuant devant l’installation. Formes, contours, silhouettes prennent forme par le déplacement de milliers de petites mouches sur l’écran. « J’ai utilisé le modèle d’une seule mouche que j’ai reproduit en des milliers d’exemplaires, explique Laurent Mignonneau.

 

  • Que symbolisent les mouches et qu’avez-vous voulu exprimer par cette œuvre ?

Le numérique induit une notion de rapidité et d’éphémère. Cela implique la nécessité d’aiguiser notre curiosité afin de ne pas rater l’instantanéité de l’existence. Le concept de temporalité implique la naissance et la mort immédiates. La représentation de la mouche s’imposait naturellement pour exprimer la  mort. (Laurent Mignonneau)

Barthel Bruyn, Vanité, 1493-1495

Symbole de la mort, la mouche se retrouve sur de nombreux tableaux comme chez Barthel Bruyn (1493-1555), dans Vanité, 1493-1495; ou encore chez Giovanni Francesco Barbieri, dit Le Guerchin (1591-1666)

 

 

 


  • Iconomania, jusqu’au 31 mars
  • MAIF Social Club, 37 rue de Turenne, 75003 Paris.
  • Tél. 01 44 92 50 90
  • Ouvert tous les jours, de 10h à 20h30; le jeudi, jusqu’à 22h
  • Entrée gratuite
  • – Accès depuis le métro : ligne 1 (Saint-Paul), ligne 8 (Chemin Vert), ligne 5 (Bréguet-Sabin)
  • – Accès depuis le bus : ligne 29 (Place des Vosges – Saint-Gilles), ligne 96 (Place des Vosges), lignes 76 et 69 (Birague – Saint Paul)