Insensible, d’Ivan I. Tverdosky, avec Denis Vlasenko

L’Insensible, il faut l’avouer ne sensibilisera pas tout le monde. Mais ce n’est pas une raison suffisante pour passer ce film russe sous silence médiatique.


Corruption à tous niveaux

L’histoire se déroule en Russie. Un adolescent, Denis, insensible à la douleur, vit dans un orphelinat jusqu’au jour où sa mère biologique, Oskana (Anna Slyu), vient le chercher. Les retrouvailles sont mirifiques, parfois même un peu trop charnelles, sans franchir la limite de l’inceste. Denis (Denis Vlasenko), par amour pour sa mère, accepte volontiers d’organiser des accidents corporels de la route. À lui de se faire percuter par la voiture, à sa mère et à son réseau (policier, médecin, ambulanciers) d’obtenir de l’argent du conducteur pour dommages et intérêts, loin de la voie traditionnelle du tribunal. Un tribunal perverti, corrompu, qui le cas échéant, ne laisse aucune chance à la victime, non pas Denis, mais le conducteur.

Univers insensible

L’Insensible est une plongée dans un monde interlope, où se mêlent argent, pouvoir et manipulation. Cet univers insensible, faussement chaleureux, s’appuie sur une esthétique froide, nimbée de couleurs bleuâtres, grisâtres et blanchâtres. Le tout dans un décor moderne, sans âme.

L’âme (rtume)

Pourtant Denis en a une, âme. Alors, jusqu’où sera-t-il capable d’aller? Jusqu’où mettra-t-il sa vie en danger pour sa mère? Au-delà de la critique d’une société altérée, le film aborde surtout les thèmes de l’abandon et de la relation filiale.

L’Insensible (2019)
d’Ivan I. Tverdosky (Russie)

avec Denis Vlasenko (Denis), Anna Slyu (Oksana), Danil Steklov (le policier)
(en VOD)