Le Fondateur, film avec Michael Keaton

Le Fondateur, le film de John Lee Hancock offre une apologie des valeurs américaines des années 50 sans la moindre contrition. Argent, commerce, business au détriment de tout respect humain… De quoi dérouter quelque peu le spectateur européen!

Le film ouvre sur un long plan fixe. Face caméra, Michael Kaeton (alias Ray Kroc) entame un long monologue campant son personnage : un représentant de commerce en Multi-mixeur pour milkshakes.

A coup de thérapie positive, l’homme tente de persuader – sans succès – tous les dirigeants des Drive-in du Middle-West.

Désespéré, il est donc plutôt intrigué quand sa secrétaire l’informe d’une commande de six machines ! Quelle raison pousserait un restaurant Drive-In à acheté six multi-mixeurs capable de produire simultanément 30 milkshakes ?

Toujours fidèle à son credo (persévérance et détermination), il se rend à la rencontre de cet improbable restaurateur.

Parvenu à destination, San Bernadino (Californie), l’homme découvre un Drive-in qui n’en est pas un ! Pas besoin de plats, de couverts, de plateaux fixés aux portières, tout est servi dans un petit sac et chacun mange avec les mains sur un banc, une banquette, une pelouse ou encore sur une banquette ou le capot d’une voiture.

Quand la persévérance rencontre l’ingéniosité

Un peu éberlué, le commercial s’aligne alors dans la file et demande le seul repas proposé : hamburger, frites et soda ! A peine sa commande passée, le voilà servi ! Quant au goût de son burger, « j’en n’ai jamais mangé de meilleur », se réjouit-il la bouche pleine !

le fondateur – Film de John Lee Hancock

Il fait alors la connaissance des deux dirigeants, Dick et Mac McDonald. Les deux frères lui expliquent leur concept : une restauration rapide basée sur le travail à la chaine et proposant quelques produits de grande qualité.

Les frères McDonald’s transformeront son existence… Et lui, anéantira leurs idéaux !

Véritable touche-à-tout, Kroc est de suite séduit par ce système de restauration révolutionnaire et comprend tous les bénéfices à en tirer. De suite, il propose aux frères de franchiser leur enseigne ! Ces derniers s’y refusent après diverses expériences antérieures malheureuses et infructueuses.

Ode à l’Amérique !

Le commercial reprend la route. Sur un rythme cadencé, les plans s’enchaînent sur fond d’étendues paysagées, de maisonnettes à jardinet alignées, de clochers d’églises… L’American Way of Life revisité dans une Amérique idéalisée des années 50 !

Persévérance et détermination… Ray finit pas convaincre Dick et Mac dans un élan patriotico-christique qui n’émeut guère de ce côté de l’Atlantique : « McDonald’s deviendra la nouvelle église de l’Amérique ! » (voir extrait du film Le fondateur)

Une success-story à goût amer

La suite lui donnera raison, mais à quel prix ?  Ray Kroc parvient effectivement à construire un empire, mais au dépend d’une certaine qualité et de valeurs morales ! Les deux frères perdent le contrôle des franchises, doivent céder leur nom contre un chèque d’un joli montant et finissent par disparaitre de l’histoire McDonald’s.

Quand l’avidité du pouvoir et de l’argent exterminent les valeurs humaines, il est bon de prendre position et de s’insurger. Le réalisateur, John Lee Hancock, a préféré garder ses distances et ne pas critiquer l’un des fondements de la société américaine : la puissance financière !

Néanmoins, le film est incontestablement réussi et abouti sur un plan artistique. Les comédiens excellent et Michael Keaton brille par sa présence. Loin du super héros à la Batman, le voilà dans la peau d’un personnage mégalomane et sans scrupule; un rôle qui lui vaut d’être nommé aux prochains oscars.

Alors, quelques extraits pour le plaisir avec la bande-annonce