Le 16 juillet 2019, la Joconde quittera les cimaises de la salle des États pour migrer quelques dizaines de mètres plus loin, dans la grande Galerie Médicis.
Elle restera là, jusqu’à la fin des travaux de rénovation de son alcôve habituelle, prévu pour mi-octobre 2019. Un déplacement exceptionnel pour cette vieille dame qui n’a plus l’autorisation de prendre l’air, même si elle sera sous vitrine climatisée !

Une santé fragile

Françoise Nyssen avait envisagé, quand elle était ministre de la Culture (mai 2017-octobre 2018), de lui organiser un road-trip.  La ministre envisageait alors « grand plan itinérance» d’œuvres d’art. Un bol d’air avorté après prescription médicale, ou plutôt après avis d’experts. Mona Lisa a la santé fragile. Elle souffre d’un dos légèrement bombé et fissuré.

Expatriée depuis 1516

Fini les espoirs de voyage. Fini la Dolce Vita, les vacances en Italie, comme en 1911. À cette époque, un vitrier italien, qui avait œuvré à sa mise sous verre, décide de la rapatrier dans son pays d’origine.
Car la Joconde a quitté Rome en août 1516. À dos de mulet, elle a traversé les Alpes en compagnie de deux autres tableaux, Saint Jean-Baptiste et La Vierge, l’enfant Jésus. Ils ont voyagé avec leur créateur, Léonard de Vinci (1452-1519). Invité par François Ier (1494-1547), puis adoubé « 1er peintre, ingénieur et architecte du roi », l’artiste florentin aurait vendu sa peinture au monarque vers 1518.

Volée en 1911

D’abord installée dans les appartements royaux à la cour de Fontainebleau, Mona Lisa est ensuite déplacée à maintes reprises. En 1797, elle rejoint les collections du Museum central des arts au Louvre (futur musée du Louvre). Et c’est là que le 21 août 1911, Vincenzo Peruggia (1881-1925) décroche tranquillement le tableau, retire le cadre et cache la toile sous sa blouse . Il sort alors, sans être inquiété, par un escalier. L’escapade dure deux ans, avant que « l’amoureux transi » décide de vendre sa dulcinée à Florence (Italie). La police, prévenue, récupère la toile en bon état. Elle est de nouveau exposée au Louvre à partir du 5 janvier 1914.

Cachée durant les guerres mondiales

Une installation de courte durée, puisqu’elle est envoyée, avec d’autres œuvres, à Bordeaux, puis à Toulouse durant la Grande Guerre.

Bis repetita en 1939. Elle voyage incognito, dans une caisse à double parois, et trouve refuge dans différents endroits. Les châteaux de Chambord et d’Amboise, le musée d’Ingres à Montauban ou encore le château de Montal en Quercy (Lot) l’accueillent. Après plusieurs transferts dans des demeures anonymes, elle rentre au bercail en juin 1945.

Prêtée en 1963 et 1974

Les années passent sans qu’elle refasse ses valises, jusqu’au jour où le ministre de la Culture André Malraux, décide de la prêter au président John F. Kennedy ! Là voilà qui traverse l’Atlantique sur la paquebot France en décembre 1962. Elle s’installe à la National Gallery de Washington, jusqu’en mars 1963.

Onze années plus tard, elle s’offre son dernier périple au Japon, profitant d’une escale triomphale en URSS.
Depuis 1974, la belle ne s’est plus accordée de vacances, loin des dizaines de milliers d’admirateurs qui la contemplent, chaque jour. Mais, soyons sûrs qu’elle n’en perdra pas pour autant son célèbre sourire !