Et les boas sont aussi la fête. © Cathy Robin

Et les boas sont aussi de la fête. © Cathy Robin

Terminus, tout le monde descend ! Priscilla, le bus des folles du désert, fait de nouveau halte au Casino de Paris… Et ce, jusqu’au 7 juillet 2018. De quoi chanter, danser, s’amuser, se détendre en famille et entre amis.

Vous connaissez le film de Stephan Elliott, Priscilla, folle du désert, qui en 1995, avait défrayé la chronique pour son thème soi-disant “sulfureux”: trois homosexuels se retrouvent à traverser le désert australien dans un car surnommé Priscilla, pour rejoindre un coin paumé où vit la femme de l’un d’entre eux qui tient un casino ? Le but de ce voyage ? Interpréter un numéro de cabaret, mais surtout, permettre à cet homme marié de faire la connaissance… de son fils âgé d’une dizaine d’années.

Près de 500 costumes pour ce spectacle, avec de nombreuses plumes sur certains d'entre eux. © Cathy Robin

Près de 500 costumes pour ce spectacle, avec de nombreuses plumes sur certains d’entre eux. © Cathy Robin

Pour tout public

On pourrait croire le sujet réservé au petit monde du milieu gay. Il n’en est rien et c’est là, toute la force du film et de la comédie musicale qui se tient actuellement au Casino de Paris (9e arr.). Le spectacle s’adresse à un public bien plus large, voire quasi familial.Ainsi, si les premiers spectateurs regroupaient la communauté homosexuelle, cela n’est plus le cas aujourd’hui. Pour sa troisième reprise depuis son lancement début 2017, Priscilla brasse un public cosmopolite… Et ce n’est pas étonnant. Les clichés et les stéréotypes laissent place à des messages plus profonds, transmis avec humour ou émotion et souvent en chansons. Dans la salle, à l’orchestre ou au balcon, des adolescents, des jeunes, des hommes et des femmes de tout âge et de tout horizon adhèrent à l’histoire, participent à la fête en frappant dans les mains au rythme des tubes des années 80 et 90, de Tina Turner à Gloria Gaynor, en passant par Aretha Franklin, Earth Wind & Fire, Madonna, Kylie Minogue, ou encore Cindy Lauper… Comme l’explique Delphine Attal, danseuse et chef d’équipe de la troupe, qui nous précise bien l’esprit du spectacle.

Dépassez le premier degré

Et c’est vrai que derrière l’image des deux drag queens (travestis) et d’un transgenre s’imposent des questions sociétales reposant sur des valeurs humaines et universelles: l’amour, l’homophobie, mais aussi l’acceptation et la compréhension des différences. En témoignent David Alexis, l’interprète de Bernadette le transsexuel, Antoine Brunet, l’un des danseurs de le troupe, et Delphine.

 

Une incroyable superproduction 

Durant deux heures trente, l’auditoire assiste à une représentation époustouflante où la prestation des danseurs, des chanteurs et des divas prend place dans des décors incroyables : bus, désert, villes ou bars improbables. Et que dire des costumes ? La trentaine d’artistes, qui assure plusieurs rôles, passe d’un personnage à un autre en changeant de costume en quelques secondes. Et parmi les cinq cents tenues et les deux cents perruques excentriques, certaines déclenchent, par leur apparence grand-quignolesque, les éclats de rire de la salle.

Au-delà de cette superproduction, on retiendra le rythme endiablé, l’énergie, la joie et la liberté de tous ces artistes.

Dans cette belle euphorie, le public, radieux, se lève sur le final pour une standing-ovation qui s’éternise. Un succès bien mérité pour cette troupe, qui le temps d’une soirée, emporte les spectateurs dans un monde plus gai, plus joyeux, mais surtout plus humain et plus tolérant.


  • Priscilla, folle du désert, jusqu’au 7 juillet 2018

    Costumes de paillettes, de strass... des heures de travail pour les petites mains. © Cathy Robin

    Costumes de paillettes, de strass… des heures de travail pour les petites mains. © Cathy Robin

  • Au Casino de Paris,16 rue de Clichy, 75009 Paris
  • Avec David Alexis (Bernadette), Laurent Ban (Dick / Mitzi), Jimmy Bourcereau (Bradley), Fabrice de la Villerhervé (Bob), les divas (Amalya Delepierre, Kania Alliard, Ana Ka, Sofia Mountassir, Stacey King), Delphine Attal (danseuse), Antoine Brunet (danseur), etc.
  • Production Philippe Hersen
  • De 17,40 € à 79 €