Au théâtre de l'Oeuvre jusqu'en janvier 2017

Au théâtre de l’Oeuvre jusqu’en janvier 2017

Le grand Robert Hirsch brûle encore les planches dans une pièce puissante et intrigante de Florian Zeller, Avant de s’envoler. L’amour, la vieillesse, la mort, Alzheimer… Des thèmes qui pourraient plomber le spectateur, mais il n’en est rien.

Le mérite en revient à l’auteur : Florian Zeller. L’auteur est un fin connaisseur de la tragédie. Il sait manier les mots, les dialogues et les situations avec maestria. Son texte plein de surprises trompe la logique de l’espace-temps.

Il est aujourd’hui l’une des grandes plumes du théâtre moderne avec des pièces de référence comme  La Mère (2010) qui valut le Molière de la meilleure comédienne 2011 à Catherine Hiegel. En 2012, il offrait déjà un rôle éblouissant à Robert Hirsch dans Le Père.

Zeller, un auteur à la hauteur

Dans Avant de s’envoler, Florian Zeller emporte le parterre dans une folle farandole d’interrogations, de surprises et de retournements de situations. Du premier à l’ultime mot, l’auteur tient le public en éveil, le questionne et le bouscule. On croit comprendre, on doute, puis on finit par des certitudes.

La mise en scène de Ladislas Chollat (Harold et Maude avec Line Renaud, L’ouest solitaire avec Bruno Solo) contribue parfaitement à maintenir cette intrigue étrange et passionnante.

© Théâtre de l'Oeuvre

© Théâtre de l’œuvre

Le décor (un salon avec une cuisine en arrière-plan) permet de pénétrer dans cette histoire de famille qui se révèle peu à peu. Edouard Laug a apporté un réalisme indispensable qui rend tangible chaque situation scénique.

Robert Hirsch et Isabelle Sadoyant, toujours aussi « grands »

Que dire de Robert Hirsch dans le rôle d’André ? A 91 ans, ce monument est bouleversant. Son jeu est saisissant, mais toutefois troublant. On ne peut s’empêcher de se questionner sur les frontières ténues entre jeu et réalité. Sa gestuelle et ses mimiques sont-elles volontaires ? Travaillées, étudiées ? Sont-elles la résultante de l’âge ? Les saluts finaux apportent les réponses… Je n’en dirai pas plus.

Isabelle Sadoyan, dans le rôle de Madeleine, est bouleversante de justesse. Son naturel laisserait imaginer que ce métier est d’une facilité déconcertante.

Anne Loiret qui joue l’une des filles du vieux couple a – ce soir-là – présenté une prestation mitigée. Son monologue d’ouverture l’indispose certainement dans la gestion du trac. Toutefois, l’actrice est entrée dans son personnage dès que les dialogues lui ont permis de jouer avec ses partenaires.

En revanche, Léna Bréban tient son rôle et ne le lâche pas. Dans la peau de la cadette, elle s’impose avec prestance dans un jeu troublant de sincérité.

Claire Nadeau est telle qu’on la connait : parfaite dans l’interprétation de la femme un peu bourgeoise.

La pièce, loin d’être morose et sinistre, se joue jusqu’au 15 janvier 2017, du mercredi au dimanche.

THÉÂTRE DE L’ŒUVRE, 55 rue de Clichy, 75009 Paris – Tél. 01 44 53 88 80 – www.theatredeloeuvre.com contact@theatredeloeuvre.com