Détail de l’huile sur toile de Félix Régamey © C. Robin

Le musée Guimet à Paris (16e), spécialisé dans les arts asiatiques, lance sa saison estivale et automnale… En voici le déroulé en filigrane sur toile…

Ouvert en 1889, le musée Guimet, d’abord dédié aux arts étrangers, s’est peu à peu recentré sur les arts asiatiques au tournant du 19e siècle. Aujourd’hui, l’apport d’expositions contemporaines permet de lui donner une résonance moderne. Il s’ouvre désormais à toutes les formes de création (musique, littérature, cinéma, etc.) et reste ainsi en adéquation avec l’esprit facétieux de son fondateur, Emile Guimet (1836-1918).En attestent les propos de ce dernier :

« Il y a des savants qui se cachent, qui se tiennent à l’écart. Ils se choisissent, se comptent, se retirent dans le saint des saints et ferment le rideau derrière eux. Et bien moi, je fais des trous au rideau ! Je veux voir et je veux que tout le monde voie ! »

A l’automne, l’établissement culturel rendra hommage  à son fondateur avec l’exposition Enquêtes vagabondes, le voyage illustré d’Emile Guimet en Asie. La présentation reviendra sur le voyage au Japon (1876-1877) de ce grand industriel amateur d’art et d’histoire des religions.

Coupe à anse d’Asie centrale © C. Robin

« Quand on veut vraiment apprécier les civilisations anciennes ou exotiques (…), on doit faire abstraction de ses propres croyances, se dépouiller des données toutes faites données par l’éducation, par l’entourage (…). Il est indispensable de voyager, de toucher le croyant, de lui parler, de le voir agir. Aussi, je me décidai à faire le tour du monde, à visiter le Japon, la Chine, l’Inde, comme j’avais fait de l’Egypte et de la Grèce. »

Lors de son périple en Asie, ce collectionneur était accompagné de son ami peintre, Félix Régamey (1844-1907). Le parcours scénographique offrira une belle place à ses centaines de dessins, esquisses dont beaucoup servirent de modèles à la réalisation d’une quarantaine de tableaux. Certains, récemment restaurés, seront également présentés au regard de leurs croquis.

Lumière sur le cinéma

La programmation prévoit un retour aux classiques et un spécial cinéma sud-coréen.

Pages ouvertes en littérature

Des soirées seront organisées autour de lectures jouées et contées par des acteurs professionnels.

Un prix Emile Guimet de littérature asiatique sera instauré. Jean-Claude Carrière le présidera et le lauréat sera connu le 30 juin. Parmi la sélection, Nana à l’aube de Park Hyoung-su (Corée du Sud), Une famille à l’ancienne de Chôn Myônggwan (Corée du Sud) ou encore Delhi capitale de Rana Dasgupta (Inde).

Ce prix traduit l’engagement d’Emile Guimet pour l’éducation et rappelle son amour des belles-lettres.

Détail de meuble laqué

Pendentif
Inde- 18e Siécle
Or. Pierres Précieuses-Don Riboud

De la musique en mode multiple

Deux concerts se tiendront au milieu des statues avec un répertoire orientaliste qui fascina les européens lors des expositions universelles du 19e siècle.

La nocturne du Guimet-mix sera l’occasion pour des DJ’s d’utiliser les archives sonores du musée en leur offrant une sonorité légère et moderne.